L'espace filles

As-tu envie de rencontrer d’autres filles, de t’amuser et de rigoler entre copines, de papoter, d’écouter de la musique, de te détendre, de surfer sur le net, de participer à des ateliers divers et variés, de cuisiner et manger ensemble, de regarder des films, de faire des sorties, d’apporter tes idées, de te faire conseiller, de découvrir et de créer ensemble ?

 

Rejoins nous tous les jeudi de 16h30 à 18h30 au CRL.

Pourquoi un espace filles ?

Trop souvent, la question de la mixité est rapportée à la notion de mixité sociale et/ou ethnique, culturelle ; or le terme « mixité » désigne dans son premier sens le mélange des filles et des garçons. La mixité, est la condition indispensable à la remise en cause des stéréotypes et des assignations de genre ; mais elle n’est pas suffisante. L’évidence du mélange ne garantit pas l’égalité. Les femmes et les hommes se côtoient (dans le bus, dans la rue, au centre commercial…), les filles et les garçons sont éduqués ensemble (à l’école, à la crèche, au centre de loisirs…), et, pourtant, les inégalités demeurent : les hommes occupent toujours davantage l’espace public que les femmes, plus présentes à la maison, les garçons jouent au centre de la cour de récréation et s’accaparent l’espace récréatif, alors que les filles sont en bordure…

Pourquoi s’intéresser aux loisirs des adolescent(e)s ? Parce qu’ils interrogent la jeunesse dans un autre temps que celui de la famille et de l’école, et une autre dimension que celle de l’individualité de l’adolescent dans sa construction identitaire. Le temps des loisirs favorise la construction de la subjectivité à la faveur des premiers moments d’autonomie et de liberté. Il permet un « vivre-ensemble » entre pairs dans un contexte moins soumis au regard des adultes référents (les parents), moins contraint que l’espace de l'école, et où l’animateur ou l’animatrice apparaît davantage comme « un autre » adulte.

Le loisir (généraliste, sportif, culturel) porte en soi l’idée d’un processus, passage du loisir « mode de garde » à un loisir a priori choisi pour se détendre, se divertir ou se développer. Dans ce processus éducatif qui amène les jeunes filles et les jeunes garçons à une liberté plus grande, trois dimensions « infléchissent » le choix d’un loisir. La dimension parentale conditionne le moment où l’enfant gagne en autonomie et où la contrainte de la garde « sécurisée » avec encadrement à la journée s’efface au profit d’une activité choisie par l’enfant. L’offre et l’organisation de cette offre (importante dans les zones urbaines) sont également centrales dans l’espace des loisirs. Mais surtout, le temps du loisir choisi coïncide souvent avec l’entrée au collège qui consacre l’importance croissante du groupe de pairs et la distinction sexuée entre filles et garçons.

Lors de l’entrée au collège, on constate une faible présence des filles dans les activités de loisirs. Le phénomène observé semble en tout point comparable à celui qui amène certains enfants à cesser tout travail scolaire et/ou à abandonner l’école, sous l’effet d’un désintérêt de plus en plus grand et du découragement. Il n’est pas anodin de remarquer que le décrochage scolaire est très majoritairement le fait des garçons. Dans les loisirs c’est l’inverse. Si l’on considère que la jeunesse est un moment privilégié de la construction vers une affirmation identitaire et que les loisirs des jeunes sont décisifs dans leur transition vers l’âge adulte, le décrochage massif des filles apparaît comme un phénomène préoccupant.

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